Un petit mot pour un grand monsieur
Né
au cours de la première guerre mondiale (le 27 juillet 1917),
André Raimbourg grandit en Normandie dans le petit village de
Bourville.
Après quelques essais plus ou moins manqués,
Bourvil enregistre, chez Pathé, ses premiers 78 tours en mai
1946. Des monologues d’abord, puis des chansons (Timichiné
la pou pou et Houpetta la bella).

Au début, Bourvil écrit lui-même avec son ami Etienne Lorin. Puis il trouvera ses auteurs et compositeurs au gré des circonstances, pour les besoins d’une opérette (Pierrette Bruno, Jo Moutet, Francis Lopez...). Parfois aussi il endosse des succès auxquels il donne un ton personnel (Caroline, A Joinville-le-Pont, Un clair de lune à Maubeuge...). Il glisse ainsi insensiblement du comique à la tendresse, avec en particulier La ballade irlandaise et les chansons signées Robert Nyel et Gaby Verlor : Mon frère d’Angleterre, Ma p’tite chanson, et surtout C’était bien. Ces chansons le démarquent alors du registre purement comique dans lequel le cinéma l'a souvent cantonné.

Au cinéma, s’il n’abandonne pas le rôle classique du brave Corniaud, de La traversée de Paris avec Gabin au Mur de l’Atlantique, en passant par La Grande Vadrouille avec De Funès, il accepte peu à peu des compositions dans des registres différents, et plus proches du caractère de ses chansons.
"Bourvil est le seul comique qui me fasse rire", avouait de Gaulle... Sans doute n’était-ce pas réciproque car Bourvil ne lui a jamais montré la moindre condescendance.

En lui apprenant en 1968 qu’il est atteint de la maladie de Kahler, le médecin ne lui donne que quelques jours à vivre, quelques semaines s’il consent à se reposer. N’imaginant pas un seul instant abandonner les plateaux, il tournera encore quatre films dont Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville.
Il s’éteindra le 23 septembre 1970.
Pour écouter sa p’tite chanson
Bisous,