Mosquito

(12 avril 2008)


Quelle est le point commun entre un moustique et Beethoven ? La réponse : un boîtier destiné à faire fuir les groupes de jeunes qui se réunissent devant les supermarchés ou dans les halls d’immeubles.


Venu tout droit de Grande-Bretagne et surnommé «Mosquito» à sa création par son inventeur Howard Stapleton, de la Compound Security Systems, il a été rebaptisé en 2006 « Beethoven» par la société de distribution de systèmes de sécurité IBP-France, pour des raisons de marketing.
Le principe : un petit boîtier, muni d’un haut-parleur, émettant des ultrasons audibles uniquement par les moins de 25 ans qui imitent un bourdonnement d’insectes, mélangé au grésillement d’un néon, et qui n’excèdent pas 95 décibels. Seules les oreilles les plus fines peuvent le détecter car sa fréquence oscille entre 17 000 et 18 000 hertz ; l’oreille adulte ne détecte pas une fréquence qui dépasse 8 000 hertz. Seuls les enfants et les adolescents sont «victimes» de ce «bzzz» désagréable mais «inoffensif» selon son fabricant Fulleon.


En France, la société IBP-France, basée à Marseille et spécialiste des solutions de sécurité pour les banques, commercialise les «Beethoven». Les appareils sont vendus aux entreprises, aux bailleurs sociaux comme aux particuliers désireux de se débarrasser des jeunes qui investissent leur palier. «Nos clients sont confrontés à des regroupements de personnes qui dégradent leur habitat ou leur font peur. Plutôt que d’appeler la police, qui n’est pas forcément disponible, ils choisissent cette solution passive», explique Jacques Gallais, PDG d’IBP-France.

Vendu 905 euros en France, le «Beethoven» dispose d’un son directionnel qui ne franchit ni les murs ni les portes. Il se révèle totalement inoffensif s’il est utilisé à 75 décibels. Toutefois, une étude publiée par le chercheur de l’INRS Jacques Châtillon, indique que l’exposition prolongée à 95 décibels représente des risques pour l’audition. Les femmes enceintes sont également directement concernées par ce danger.


Cela n'a pas empêché la Suisse et les Pays-Bas d'adhérer à ce répulsif anti-ados. Aujourd’hui, 3 500 boîtiers ont été installés outre-Manche, dans des halls d’immeubles ou devant des magasins.


En revanche, la Belgique demeure totalement opposée à ce procédé discriminatoire selon ses élus qui se mobilisent pour que l’Union européenne interdise l’utilisation des «Beethoven». La ministre de l’Economie Sabine Laruelle et le ministre de l’Intérieur Patrick Dewael défendent les adolescents : «Les jeunes ne sont ni des parasites ni des nuisibles pour notre société».
En juillet 2007, la municipalité d’Argenteuil (Val d’Oise) avait commandé le «Malodore», un produit nauséabond afin d’empêcher les SDF de s’installer dans certains endroits. Jugé toxique s’il n’était pas dilué dans l’eau, le «Malodore» irritait la gorge et les yeux des sans-abri. Son utilisation avait alors soulevé l’indignation et un appel au boycott du fabricant avait été lancé par plusieurs associations. La ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin avait à l’époque dénoncé une «atteinte à la dignité humaine» et jugé «inacceptable et indigne». Le produit avait alors été renvoyé à son fournisseur.


Le créateur du «Mosquito» Howard Stapleton travaille de son côté sur des modèles plus performants : «j’ai imaginé un Mosquito couplé à une alarme, qui se déclenchera automatiquement à l’intérieur des magasins en cas d’effraction. Je prépare aussi un prototype surpuissant, capable de couvrir de vastes zones interdites au public, comme des gares de triage ou des chantiers».


De leur côté, les jeunes ont trouvé une utilisation détourné du son émis par le «Mosquito». En effet, ils l'enregistrent sur leur portable et peuvent, ensuite, se téléphoner et s'envoyer des SMS sans être inquiétés par leurs professeurs qui n'entendent rien !


Pour ma part, j'ai testé le son du «Mosquito» et là, lorsque je n'ai rien entendu, il a fallu se rendre à l'évidence : je ne suis plus jeune !


Avant de rire, testez ci-dessous !

Bisous à tous,